Fred massena

Des adieux de Fred aux riffs de Mohamed

Chronique d’un samedi soir à Levens, entre apéro et blues

La vie levensane, c’est ce théâtre du quotidien qui nous rassemble. Samedi dernier, le rideau s’est levé deux fois : une première fois pour saluer le départ de Fred, une figure locale, et une deuxième fois pour un concert. Deux moments, deux ambiances, mais un seul fil conducteur : des gens de cœur et de conviction, et une communauté qui vit et respire ensemble.

Au café Masséna, c’était la dernière tournée. Fred et Virginie, les gérants depuis 2020, tiraient leur révérence après cinq années à faire vivre ce lieu entre rigolades de comptoir, petits noirs du matin et débats en terrasse. Pour leur départ, ils avaient convié leur fidèle clientèle à un apéritif dînatoire qui, avec l’autorisation municipale, s’est gentiment étiré jusqu’à minuit.

Ce soir-là, sur la terrasse, il y avait de l’émotion dans l’air.

Fred, debout devant une cinquantaine de convives, n’a pas cherché les effets de manche. Il a parlé comme il est : simple, droit et chaleureux. Il a raconté son retour au pays après une carrière de sapeur-pompier, et comment, fils du percepteur, il était revenu à Levens pour y devenir… cafetier.
— « On s’est improvisés patrons de bar… Et on s’est trouvés. » a-t-il dit, la voix tranquille, le regard un peu mouillé.

Puis, il a ajouté :
— « Ce qui faisait la force de cette maison, c’est l’esprit d’équipe. Et ça, ça ne s’oublie pas. »
Il a semé deux ou trois souvenirs, sans trop s’y attarder :
— « Il y a eu de ces journées où l’on n’a pas vu passer le temps… et des soirées où on l’a bien rattrapé. »

Il a aussi rendu hommage au passé, en évoquant l’histoire du café Valentin, le plus ancien de Levens, fondé en 1856, tenu par des figures locales aujourd’hui disparues. Il y avait du Pagnol dans son ton, du respect dans ses silences.

Et puis, avec humour, il a glissé :
— « Le café, on aurait pu l’appeler le Bar de l’opposition… ou le bar de la Résistance, en hommage à Jean Moulin… mais on a préféré Masséna, c’est plus consensuel ! »
Et il a poursuivi, en égratignant gentiment la municipalité pour sa gestion des pannes répétées de l’ascenseur, qui faisaient du tort aux commerces.

Fred massena

Le Maire a ensuite pris la parole pour remercier Fred et Virginie et souhaiter bonne chance à leurs repreneurs. Mais il n’a pas pu s’empêcher de répondre à la pique, en sous-entendant un lien entre ces pannes et une opposition toujours si bien informée pour les pointer du doigt… Ce qui lui valut, en aparté, un bon quart d’heure d’explication avec Marcel, sur un coin de table.

C’est ça aussi, Levens !

À l’auditorium Joseph Raybaud, un peu plus tard, les O’Six, groupe de blues pop-rock, faisaient vibrer la salle dans une ambiance électrique et festive. L’émotion était différente, elle prenait la forme d’un rythme plus soutenu, plus sonore, qui faisait danser les plus téméraires.

Ce soir-là, entre le café de Fred et la basse de Mohamed, Levens a montré son vrai visage : un village vivant, fier de ses traditions, pas un de ceux qui se contentent de regarder passer les saisons. Ici, chacun s’engage à sa manière, contribue à la vie locale et prend sa part de responsabilité.

Mohamed

Fred, en rassemblant autour de son comptoir, et Mohamed, en conjuguant musique et solidarité, nous montrent que chaque action compte pour améliorer la vie de tous, et que la vie de notre village repose sur l’engagement de chacun, sur le respect mutuel et l’attachement à nos racines.

J’aime Levens s’inscrit dans cet esprit : rassembler les énergies, écouter chacun, agir avec détermination et respect pour défendre nos valeurs et préserver ce qui fait la force et l’âme de notre village.
Car c’est ensemble, dans la fidélité à nos traditions et dans la solidarité entre générations, que nous pourrons transmettre à nos enfants un village plus fort et plus uni.

En alliant tradition et dynamisme, nous pouvons préserver notre communauté et construire un avenir où il fait bon vivre, et où l’on est fier de dire : « Ici, c’est Levens. »