ON RÉCOLTE CE QUE L’ON SÈME

Le Vice-Président, Délégué à l’Agriculture de la Métropole Nice mis “en jachère” !

Chronique d’une « démission »

Le roitelet du « en même temps », Antoine Véran, joue les gros bras : « Je suis viré… Je démissionne… mais je reste. »

Alors qu’Éric Ciotti prend son courage à deux mains pour quitter Les Républicains “macrono-compatibles“ et créer l’Union des Droites pour la République (UDR), Christian Estrosi, qui vogue vers un nouvel horizon, s’arc-boute et en capitaine inquiet de voir son équipage déserter, il renforce la discipline de la majorité métropolitaine en imposant, le 10 juillet 2024, une charte d’allégeance aux Maires de la Métropole.

Objectif : s’engager à ne fricoter ni avec l’extrême droite, ni avec LFI (et, sous-entendu : surtout pas avec Éric Ciotti, allié du RN !) ; mais aussi à voter le budget et à soutenir, sans broncher, l’action de la Métropole.

19 maires sur 51 refusent de signer cette reddition en règle.
Ils seront qualifiés par Eric Ciotti de “maires courageux”.
Qui, n’ayant pas signé un texte qui les obligeait à voter le budget les yeux fermés, étaient admirables, pour leur dévouement, à l’intérêt général.

Antoine Véran, lui, fait allégeance, plaide sa cause, et signe ; bingo !
Il est récompensé d’une vice-présidence de la Métropole avec délégation (et indemnités).
Et tant pis pour Eric Ciotti, dont il était le suppléant aux élections départementales ; qui n’avait qu’à mieux choisir ses amis.

Trahison consommée ? ce n’est que la première…

Le coup de trop

Le 24 janvier 2025, au grand dam de Christian Estrosi, Antoine Véran, après s’être affiché aux vœux de son bienfaiteur, file à ceux d’Éric Ciotti.
Un brin bravache, il justifie sa présence par ”‘courtoisie“ (sic) ; l’histoire ne dit pas si les poignées de main étaient aussi chaleureuses qu’espérées ; mais, cette présence, même discrète et dissimulée au dernier rang, tout au fond de l’estrade, sera perçue comme un coup de canif fatal dans la “charte de confiance“.

Effectivement, le 30 janvier, une fois son budget voté (avec l’appui d’Antoine Véran, soit-dit en passant), Christian Estrosi décide de châtier l’insubordonné.
Il fait convoquer son futur ex-Vice-Président, Délégué à l’Agriculture, chez son directeur de cabinet… pour lui notifier le retrait de sa délégation ; d’où la stupéfaction du Maire de Levens.
La récompense s’envole, et les indemnités avec…

A-t-il trahi en vain ?

Pourquoi virer un bon soldat ?

Antoine Véran tombe des nues.
Pourquoi virer un bon soldat ?
Lui qui, abasourdi, confie : « Je suis surpris, car j’ai toujours fait mon boulot ; et à la fois déçu des agissements du monde politique ».

Ah ! La douce découverte du réalisme politique… Ce n’est donc pas le monde des Bisounours ? Et non !.. La politique ne se résume pas à de simples visites de courtoisie.
Et il faut savoir choisir.

Que d’ingratitude !

« Voilà comme je suis remercié », grince Antoine Véran.
Blessé, l’animal politique tente l’esbroufe : « Je démissionne ! », s’insurge-t-il, avant de tempérer : «Rester Vice-Président sans délégation [ni indemnités], ça ne m’intéressait pas».
Qu’en pensent ses propres conseillers municipaux écartés de toute responsabilité ?

Mais dans la foulée, il assure pourtant vouloir ”rester dans le groupe“ dirigé par… Christian Estrosi. Oui, celui-là même qui vient de l’éjecter ! On ne sait jamais…

Mais reste encore une difficulté ; « Il appartient désormais au président du groupe Rassemblement républicain de réunir le groupe pour se prononcer sur la suite à donner », laissant ainsi supposer de nouveaux épisodes d’ici les élections municipales de mars 2026.

L’art du retournement de veste

Dès le lendemain de cette “démission spontanée“, Antoine Véran fredonne déjà du Jacques Dutronc :
« Moi je ne fais qu’un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté… »


Ni une, ni deux ; dès le lendemain de la parution de l’article de Nice-Matin du 5 mars dernier, le Maire de Levens commençait à chercher du soutien auprès de Christelle D’Intorni.
Chapeau, l’artiste !..

Monnaie de sa pièce

Ironie de la politique, ou du karma ; celui qui pleure aujourd’hui une sanction “injuste et brutale“ et se pose en victime, n’est-il pas le même qui, il y a peu, évinçait froidement de façon tout aussi “injuste et brutale“, son propre adjoint à l’urbanisme pour défaut d’allégeance ?
Tiens donc !?..
On récolte ce que l’on sème…