Lu pour vous : Infos Levens – hiver 24 / printemps 25

« Quand la com’ remplace la commune. »

S’agit-il de combler un déficit chronique de notoriété, un cruel manque de reconnaissance depuis la perte de sa vice-présidence métropolitaine, ou simplement de satisfaire l’insondable besoin de mise en scène de notre potentat communal ?
Toujours est-il que le dernier numéro d’Infos Levens ressemble moins à un bulletin municipal qu’à un exercice de culte de la personnalité.

Une info levens

On le trouve partout : sauveur à la caserne, paysan au moulin, escargot sur le terrain de foot, patron bienveillant au milieu du personnel, pédagogue à l’école, écolo au sentier botanique, sportif en baskets pour la rando santé, père Noël au milieu des enfants…

Et à voir le rythme effréné des publications le mettant actuellement en scène sur les réseaux municipaux, à toutes les fins de saisons des 50 associations de la commune, on peut déjà deviner que la prochaine édition d’Infos Levens sera, à la rentrée, un nouveau florilège d’autocélébration.

Seule page où brille son absence : la couverture.
Il y laisse exceptionnellement la vedette à une vue du Mont Vial.
Dommage : un cadrage un peu plus à droite et l’on aurait aperçu la sœur jumelle de l’antenne-relais qu’il promet de nous infliger, face au village !

Un magazine municipal, dit-on ?
Plutôt un album souvenir, publié aux frais du contribuable.
À ce rythme, le prochain numéro, rebaptisé Levens-sur-Ego, sera livré avec un poster central.

Et le contenu éditorial ?

Il relève davantage de l’incantation que de l’information.

On nous annonce le lancement d’une chaîne WhatsApp pour « renforcer le lien » avec les habitants.
Un outil moderne, certes, mais qui reste à sens unique : notifications, oui, dialogue non.

On parle de proximité, mais l’essentiel manque toujours : la transparence, l’écoute, le débat.

Un canal de plus pour diffuser la com’ officielle, mais toujours pas de place pour les questions qui dérangent. La vraie modernité ne serait-elle pas de permettre aux citoyens d’interagir, de poser des questions, d’obtenir des réponses, bref de participer réellement à la vie publique ?

Car une démocratie locale ne se nourrit pas de notifications, mais de débat, de transparence et de dialogue.

L’édito, même s’il s’agit d’un lapsus, est peut-être le seul moment de lucidité de tout le magazine :
« Tout n’est pas parfait, mais les progrès sont là et visibles pour qui prend le temps d’observer l’évolution de notre village. Bien sûr, il reste encore beaucoup à faire, mais tout se fait petit à petit. »

Nous voilà rassurés. Il suffisait de prendre le temps.
Un temps long toutefois, surtout qu’après trente ans de mandat :
«il reste encore beaucoup à faire »…

Mais est-ce une raison pour vouloir rester encore plus longtemps ?
Trente ans n’ont pas suffi, et on nous demande encore de patienter ? Ce n’est pas de patience qu’il faut, c’est de la transparence, de l’écoute, et surtout du renouveau.

François SEINCE RAYBAUD
Groupe d’opposition