Insuffisance et courte-vue

Le tribunal administratif de Nice a suspendu, vendredi 28 février, l’autorisation de construire un parc photovoltaïque sur le mont Arpasse, à Levens.


La juridiction estime que l’étude d’impact environnemental est insuffisante et accorde 10 mois à la société monégasque porteuse du projet pour réaliser une nouvelle analyse plus approfondie.
Le tribunal a relevé que l’étude initiale ne détaillait pas suffisamment les mesures destinées à compenser les effets négatifs du projet sur la biodiversité et qu’elle omettait une analyse approfondie des conséquences du chantier sur l’équilibre écologique du site.

As-tu vu l’alouette ?

Déception et amertume pour le maire de Levens, Antoine Véran, fervent défenseur du projet depuis ses débuts en 2018. Confiant en son aboutissement, il déclarait sur BFM Nice Côte d’Azur en 2023 : « Je n’envisage pas le cas négatif ». Pourtant, face à cette suspension, il exprime sa frustration dans Le Figaro du 28 février 2025 : « Tout cela par la faute de trois cons qui cherchent l’alouette et qui ne l’ont jamais trouvée ! ».

Alouette représentée dans un paysage provençal

Ce revers judiciaire est l’épilogue temporaire d’une histoire qui commence le 19 décembre 2018, lorsque le conseil municipal de Levens vote, en faveur d’une délibération autorisant la signature d’une promesse de bail emphytéotique de 36 ans, au profit de la société Monaco Énergies Renouvelables.

Ce projet, porté par le gouvernement de Monaco et la Société Monégasque de l’Électricité et du Gaz, prévoit l’installation d’une centrale solaire de 11,5 MW sur 11,7 hectares de terrains communaux, plus 8 hectares débroussaillés en périphérie. Une initiative présentée comme une opportunité financière pour la commune avec un loyer annuel oscillant entre 100 000 et 125 000 euros.
Toutefois, ce projet suscite rapidement des oppositions, entre écologistes qui dénoncent une incohérence avec les recommandations environnementales et opposants à un montage financier renforçant le sentiment d’une certaine opacité.

En réalité, sans entrer dans le fond du dossier, cette nouvelle épreuve judiciaire met en lumière une manière de conduire la politique municipale que nous dénonçons depuis plusieurs années :
• Absence de concertation,
• Dossiers préparés de manière sommaire et approximative,
• Projets conçus en solitaire dans l’opacité,
• Déni des avis divergents et des oppositions constructives,
• Incapacité à envisager une autre vision que la sienne.

Le résultat ? Des conflits, des blocages et une opportunité manquée pour un projet fédérateur qui aurait dû rassembler au lieu de diviser.
Il est grand temps de changer d’état d’esprit.
Gouverner, c’est faire avec et pour les Levensois, et non se laisser imposer les humeurs d’un prétendu visionnaire.

Pour en savoir plus :

https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/alpes-maritimes/nice/le-projet-de-parc-photovoltaique-a-levens-suspendu-la-justice-demande-au-constructeur-de-revoir-sa-copie-3115882.html